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Mexique précolombien
Le jeu de pelote des anciens habitants du pays, avant Colomb.
Magique ! Voici prononcé le mot faisant peur à nos scientifiques.
L'enceinte où se déroule le jeu, orientée nord-sud,
symbolise le Cosmos. Les anneaux verticaux, scellés à
l'est , à l'ouest représentent le lever et le coucher
du soleil. La pelote, en caoutchouc pressé, l'astre lui-même.
Si les joueurs occupant le camp de la lumière triomphent, un
tel présage favorable procure au soleil des forces supplémentaires.
Si la victoire appartient au camp de l'ombre et dans un thème
l'Occident possède une signification magique incontestable par
son assimilation au déclin du soleil et aux ténèbres
; l'avenir s'avère redoutable.
Les prêtres présidaient dans une loge centrale, flanquée
de deux sacristies. En tant qu'intermédiaires des puissances
célestes, ils n'interprétaient l'avenir qu'après
le déroulement du jeu. Habillés de façon à
symboliser les dieux, les joueurs mimaient les éléments
et leurs luttes. Le Ciel était donc un « tlachtli »
divin, déchiffré par ces prêtres-astrologues. Là
où l'astrologie s'applique par exemple à une question
personnelle, un tel jeu devait régler le sort d'une collectivité.
Une question collective, intéressant le sort d'une collectivité,
d'un groupe social, peut-être même d'une province ou du
pays tout entier, recevait une réponse collective.
La passion du jeu devenait auxiliaire du destin.
La date d'interrogation devait répondre à certains critères
précis, se plaçant par exemple aux solstices. Pour cette
question horaire, forces lumineuses et obscures se livraient un véritable
combat et la réponse était donnée inconsciemment
par les intéressés eux-mêmes. L'astrologue, n'était
que l'interprète de ce creuset de forces occultes.
Quels sourires auraient ces Mayas revenant parmi nous et lisant la glose
de ces savants incapables de comprendre leurs motivations profondes
! En cette circonstance, il s'agissait de bien autre chose que de l'art,
simple support n'intéressant pas en lui-même les Mayas.
« Les maîtres aiment l'art parce qu'ils veulent des images
d'eux-mêmes », a dit de façon fort subtile Nietzsche.
Un art sans dieux est dépourvu de sens. Dans cette optique, toute
l'histoire de l'art moderne est un cri qui n'aura jamais de réponse.
A quoi ont songé ces prêtres mayas qui ont vu gagner le
« camp de l'ombre », le camp de l'Occident, et qui ont prévu
cette irruption armée de l'Occident ?
La venue des soldats de l'Occident, venus des ténèbres
pour éteindre la lumière et qui agiraient sous le masque
d'un dieu supplicié...
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